Le centriste… quel profil ?

Quand Saeb Salam et Souleimane Frangiyé en leur qualité de députés et chef de clans, décidèrent de créer le bloc centriste fin1968, ils désiraient de la sorte se frayer un chemin et forcer la main aux deux blocs parlementaires prédominants en ces temps annonciateurs de grands événements: les chéhabites et l’alliance tripartite entre les Kataëbs, le bloc national de Raymond Eddé et le PNL de Camille Chamoune. Saeb Salam député musulman sunnite de Beyrouth et Souleimane Frangiyé député chrétien maronite de Zgharta au nord ont réussi leur percée et créèrent un courant politique groupant au centre un bon nombre de députés qui ont su manœuvrer et porter à la présidence de la république Mr Frangiyé et évidemment Mr Salam à la présidence du conseil des ministres. Il me semble que c’est la seule équipée centriste à retenir dans les annales de la vie politique libanaise, voir la seule tentative qui mérite le label appellation d’origine démocratique libanaise. En effet les promoteurs de ce courant n’avaient pas auparavant adhéré d’une façon ou d’une autre à l’un des deux blocs régnant abusivement sur la scène politique libanaise et scindant le pays en deux parties farouchement opposées. Certes les chefs de ce courant centriste, une fois aux commandes ont adopté la modération et un  partage équitable du pouvoir avec les autres factions et œuvré pour une certaine réforme dans la gestion des affaires publiques, mais échouèrent malheureusement dans leur tentative d’empêcher l’escalade rapide et démesurée de la violence qui a dévasté le proche orient et particulièrement le Liban, annonçant l’avènement inéluctable d’une guerre fratricide et destructive au pays des cèdres.

Le président Michel Sleimane est-il centriste ?

Peut-on dénicher actuellement une quelconque ressemblance avec le passé? Oui, dans la mesure où le président de la république Mr Michel Souleimane est presque le seul homme politique actuellement au pouvoir au Liban chez qui nous pouvons relever les signes caractéristiques d’un vrai centriste, et ce pour avoir déjà fait preuve de modération et d’équité dans les précédents fonctions qu’il a occupé tout le long de sa carrière militaire, et surtout parce qu’il a réussi, du moins jusqu’à preuve du contraire, à réunir pour la quatrième fois les antagonistes de la vie politique libanaise autour d’une table de débat en vue d’une entente nationale, et à s’impliquer convenablement dans les affaires du pays selon les termes et prérogatives que lui confère la constitution libanaise. Par contre nous constatons malheureusement que la plupart des candidats à la formation d’un courant centriste sous la houlette du président de la république Mr Souleimane, ne sont que les rescapés d’une longue série de conflits d’intérêts personnels ou les repoussés des deux grands blocs opposés qui dominent la scène politique libanaise.

Ziyad Baroud

En effet ces candidats malchanceux cherchent avant tout auprès du président de la république Mr Souleimane un appui ferme profitant de la présence à la tète du ministère de l’intérieur de son fidèle « majordome » Me Ziyad Baroud. Mais ils échappent à ces messieurs que notre loyal et brave ministre de l’intérieur n’est pas du genre à se laisser faire. Car c’est un homme intègre qui tient tout à la fois à préserver son passé, protéger son image de réformateur, et honorer les promesses et attentes de toute une génération. Et beaucoup se demande si le Président-Général a-t-il réellement besoin d’une demie douzaine de députés au parlement pour pouvoir mieux gouverner le pays, alors qu’il peut se prévaloir  d’une majorité de facto résultat d’une entente régionale, de concorde nationale et de soutien populaire.. ! Que cela n’empêche nullement les candidats, de tenter leurs chances, et de mener leur combat pour gagner la partie mais en comptant sur leurs propres moyens… quitte à  constituer par la suite un groupe de pression parlementaire et soutenir la politique équitable prônée par le président  Michel Souleimane. (6.2.2009)

 

L’avenir d’un pays

L’avenir de tout pays est étroitement lié au destin que lui souhaite sa population. Autrement dit c’est aux citoyens d’agir démocratiquement pour choisir le destin qu’il désire en vue de construire leur avenir. Et pour y parvenir il leur faut créer le régime  politique approprié et propice au développement d’une classe politique ouverte à tous les courants. Si d’une part nous portons une grande affection aux pionniers de l’indépendance du Liban parce qu’ils ont doté le pays du cèdre d’un régime républicain et parlementaire, par contre nous reprochons vivement à leurs successeurs d’avoir détourné la démocratie de ce régime aux profits de leurs propres intérêts. nous avons effectivement vu s’installer depuis les années 1950 des oligarchies politico-économiques composées de propriétaires terriens, de grands commerçants et une intelligentsia soutenue par les ordres religieux de toutes les confessions du pays. Et La dolce Vita qui a perduré pendant deux décennies au Liban, prit fin avec le déclenchement d’une guerre fratricide en 1975 et provoqua la chute de toute une classe politique, dont quelques  rescapés ont néanmoins survécu en sachant d’abord cohabiter avec les chefs des milices et en acceptant de partager avec eux les nouvelles donnes sociopolitiques issues de l’Accord, ou des accords de Taëf.

Une politique de partage

Or ces nouveaux accords intégrés à la constitution libanaise ont mis un terme à la  guerre et tracé une nouvelle politique de partage des pouvoirs au Liban entre leaders politiques et chefs de guerre des principales communautés confessionnelles au détriment des autres composantes et factions du pays. On a vu ainsi se concentrer à Beyrouth la réalisation des grands projets de reconstruction jeter dans les oubliettes les recommandations claires de Taëf portant entre autre sur la décentralisation administrative du pays et le développement équitable entre les régions.

Durant toute cette période les hommes politiques au pouvoir ne se sont guerre souciés de l’avenir du Liban et encore moins du sort des libanais, bénéficiant de la complicité des puissances régionales et internationales pour qui le conflit israélo-palestinien passait avant tout autre problème au Moyen-Orient. Et une fois de plus aujourd’hui l’établissement définitif des réfugiés palestiniens au Liban est évoqué malgré l’opposition farouche de la majorité des libanais.

L’assassinat de l’ancien chef du gouvernement Rafiq Hariri paralysa tout le pays pendant trois années et plonger les libanais dans la peur. Paradoxalement la guerre meurtrière déclenchée par l’aviation israélienne sur tout le Liban en juillet 2006 et les combats meurtriers du camp de Nahrelbared ont engendré une solidarité populaire et une entente nationale malgré les gesticulations des uns et le désenchantement des autres. Les pourparlers de Doha ont finalement forcé la main aux députés pour élire un nouveau président de la république le Gl. Michel Souleimane et la formation d’un nouveau gouvernement d’entente nationale ayant pour mission principale l’organisation des élections parlementaires le 7 juin prochain.

Crucial et décisif

Une fois de plus nous entendrons la majorité des hommes politiques libanais dire et répéter tout haut que ces élections sont plus que jamais cruciales et décisives pour l’avenir du pays, et particulièrement depuis 1972. Mais il semble que ces deux mots « crucial » et « décisif » utilisés à tort et à travers par toute la classe politique libanaise, depuis des décennies, ont été vidé de leur vrai sens. Car le citoyen libanais n’a effectivement plus de force pour protester et crier tout haut ses priorités et ses besoins essentiels: l’eau courante, le courant électrique, les soins médicaux et la paix civile.

Va-t-il enfin exprimer ses mécontentements dans les urnes comme jamais il ne l’a fait auparavant, ou bien va-t-il réélire ceux qui se sont substitués aux pouvoirs publics après les avoir volontairement et ouvertement spoulés et affaiblis..? Va-t-il s’abstenir de se rendre aux urnes, parce qu’il est tout simplement dégoûté et fatigué d’être libanais..? Va-t-il en clair démissionner et céder sa place et ses droits à celui qui attend impatiemment de les lui arracher depuis des décennies..? (13.2.2009)

Media, argent et masses populaires

Une fois de plus, nous assistons à un « exploit » qui consiste à convaincre les masses populaires que leur participation à la commémoration  du 14 février, est cruciale pour appuyer le Tribunal International et décisive pour s’assurer une majorité parlementaire aux prochaines élections prévues pour le 7 juin prochain. En tant que citoyen libanais, je m’attendais à voir les organisateurs éviter intelligemment de faire la jonction entre les trois événements.  Malheureusement ils n’ont fait que répéter le même scenario des années passées: une exaltation excessive menée tambour battant par les medias avec pour seul objectif, tenir la preuve qu’ils sont encore capables de rassembler et mobiliser les foules. Je pense qu’il était temps d’associer tout le peuple libanais à la cérémonie du souvenir tragique de l’ex-président du conseil des ministres Rafic Hariri, qui a marqué pour toujours l’histoire du Liban. N’était-il pas préférable de voir les hauts dignitaires et hommes d’état libanais et étrangers actuels et anciens, assistés à ce troisième anniversaire devant un «oratoire» éloquent et remémorant décemment son souvenir ? Faut-il attendre encore longtemps avant de voir transformer cette date en une réelle journée d’union nationale et d’entente populair, et ce, pour le bon souvenir du martyr et le bien être de tout un peuple ? Mais où sont-ils passés tous ces milliers d’universitaires et ces centaines d’établissements et associations qui ont bénéficié de ses aides financières, et qui pouvaient venir défiler dignement place des martyrs samedi dernier devant les grands de ce monde?

Plus d’humanisme et moins de politique

Je pense qu’il est urgent de sauver le souvenir de cet homme, de l’ambiguïté qui l’entoure, d’une manière ou d’une autre, depuis son assassinat. Il mérite tout de même mieux que cela: plus d’humanisme et moins de politique. Personnellement je me suis contenté d’écouter l’appel de la veuve, les chants allégoriques des jeunes de la chorale alfayha’ de Tripoli et partiellement le discours du cheikh Saad. Enfin qu’allons-nous voir et entendre de plus le 14 mars prochain ? Il me semble qu’il est temps pour le brave héritier de retrouver le droit chemin tracé par son père et reprendre à son compte les termes du discours prononcé par sa tante Bahiya le 14 mars 2005, s’il tient  sincèrement et effectivement à préserver l’héritage familial et assurer son propre avenir politique. Et le citoyen libanais, surtout parmi les jeunes, se demande si le fils Saad possédait cette volonté à associer et cette détermination à rassembler que son père affichait solennellement et pratiquait effectivement depuis son apparition sur la scène politique libanaise et jusqu’à sa tragique disparition.  Je pense enfin qu’il est bon de rappeler que la politique menée par l’ex- président américain Georges w. Bush pendant ces huit années passées nous apprend implicitement que les grands de ce monde sont sûrement perdants quand ils choisissent de travailler avec des partenaires faibles et médiocres, et sont certainement gagnants quand ils tendent la main à des partenaires vigoureux et puissants.  A bon entendeur salut..!  (20.2.2009)

Le lancement du TSL va-t-il calmer les esprits ?

Je pense que le citoyen libanais a le droit de s’interroger et réclamer des réponses claires et nettes à toutes les questions concernant le Tribunal à caractère international pour démasquer, juger et châtier les criminels, et sauver le Liban… En effet, le citoyen est désorienté depuis quatre années passées devant toutes ces tractations interminables sous couverts de débats juridiques et politiques au quotidien, mais qui ressemblent plutôt à des arrangements à l’échelle nationale, et des conciliations à l’échelle régionale et internationale.

Egaux devant la peur

Or tous les libanais sans exception se sentent concernés, chacun à sa façon, par les travaux de ce Tribunal spécial destiné aussi à libérer les libanais de leur peur et de leur inquiétude qui enveloppent leur passé et bouchent en même temps leur avenir. Car c’est le Liban tout entier qui peine et souffre des conséquences de la mort de tous ses martyrs, ceux de la révolution des cèdres, mais aussi et surtout ces cent cinquante milles morts tombés pendant la dénommé guerre civile qui dura quinze ans.

Egaux devant la vie et la mort

Personnellement je pense que le manque de respect à l’égard de nos martyrs et autres victimes de cette odieuse guerre civile, est à l’origine de tous nos malheurs survenus depuis la fin du conflit. Et  le citoyen libanais, au fond de son âme et conscience, n’a jamais cessé de penser à tous ses martyrs sans exception et exige des réponses satisfaisantes à deux questions principales:

-Pourquoi toute cette « croisade politico-juridique » nationale et internationale qui a immobilisé la vie politique, sociale et économique du Liban et a placardé tous les libanais dans la suspicion et la peur de tout, alors que tous les autres assassinats perpétrés depuis 1975 et jusqu’en 2005 sont restés lettres mortes ? Pourtant on retrouve parmi ces martyrs un premier ministre, un mufti de la république, l’Imam d’une principale communauté religieuse, le chef politique et historique d’une autre communauté bien trempée dans l’histoire du pays, et une longue liste de journalistes et de résistants à toutes les forces armées qui ont occupé le Liban pendant ces quatre décennies passées.

-Allons-nous continuer à vivre dans la peur et la suspicion et rester suspendus aux postes de radio et de télévision et aux MSM qui nous hante 24 sur 24 ? Ou bien nous allons voir s’installer une accalmie parmi cette armada de journalistes, analystes et stratèges qui poussent comme ces champignons après chaque pluie, au moins jusqu’au 7 mai prochain où les libanais sont appelés à choisir leurs nouveaux élus à la chambre des députés… ?

L’avenir des Libanais

Il semble que les hommes politiques et leurs bouc-émissaires sont plutôt déterminés à gonfler leur dispositif et doubler leur mise pour riposter coup par coup à chaque déclaration ou tir de pétards. Car tous clament tout haut que ces prochaines élections législatives sont cruciales et décisives plus que jamais pour l’avenir du Liban et le bien-être des libanais. En résumé si le passé des libanais fut un calvaire, leur présent est un enfer, et leur avenir reste à faire. Et je me demande si nos chefs politiques libanais et leurs conseillers avaient bien entendu ou lu ce passage d’une récente déclaration du jeune et brave président des Etats-Unis d’Amérique Monsieur Barak Obama à propos de l’Iraq: « nous ne pouvons pas continuer éternellement à faire la police dans les rues de Bagdad et attendre à ce que l’union irakienne soit parfaite avant de quitter l’Iraq ».

Autrement dit quand est-ce les dirigeants du Liban vont pouvoir enfin se détacher des contraintes extérieures et libérer à leur tour l’avenir des libanais qui continuent malgré tout à les suivre à l’aveuglette…? Les maintes allusions depuis des mois, du président français Nicolas Sarkozy et de son ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, et autres commissaires européens, ne leur sont pas suffisantes ou bien ils attendent une « mise en demeure » claire et ferme de la part d’un quelconque envoyé spécial de la nouvelle administration américain… pour réagir en laissant les juges du Tribunal international remplir  leur mission ? (6.3.2009)

Les 14 points du 14 mars 2009 au BIEL … un programme plutôt décevant !

Ils étaient presque tous présents: les présidents, les bacaouettes, les cheikhs, les chefs des milices et autres chefs de clans. Et la largesse du BIEL a permis d’installer tous ces leaders politiques au premier rang, côte à côte avec les ministres et les députés y compris les ex…! Le clergé était étrangement absent ou écarté; tant mieux. Par contre quelques ambassadeurs et ambassadrices étaient visiblement  bien présents.

Un discours médiocre

Franchement la fête ressemblait plutôt à une cérémonie de remise de diplômes de fin d’année universitaire et où le secrétaire général de l’établissement prononçait tristement un discours médiocre devant une assemblée de gens braves et instruis avant d’appeler tous les notables de la congrégation à monter sur  scène pour la prise des photos de souvenir. Un brave type à mes cotés me demanda pour quoi étaient-ils si rieurs ! Riaient-ils de nous ou d’eux-mêmes ? Je n’ai pas voulu trop le décevoir et je lui ai dit : mon pauvre ami, ils ont au moins deux raisons pour rire mais pour combien de temps… ! Je n’en sais rien.

Point par point

Maintenant venons au programme point par point :

« Protéger le Liban des attaques israéliennes et récupérer les fermes de Chebaa conformément à la résolution 1701. Imposer l’autorité de l’Etat sur tout le territoire selon Taëf, de manière à éliminer (!) toute autre présence militaire autre que celle de l’Etat Libanais. S’engager à interdire l’implantation des Palestiniens au Liban». Quelqu’un pourrait me dire comment peut-on réaliser ces trois objectifs dans un pays désarticulé et divisé sur ces thèmes, spécialement parmi les partis et factions réunis au sein du 14 mars, et qui nécessitent un véritable consensus national.

Le Taëf, la solidarité arabe et le TSL

«Etablir des relations amicales avec la Syrie conformément a l’accord de Taef. Récupérer le rôle du Liban dans la réalisation de la solidarité arabe. » Voilà des partants pour la Mecque quand tous les pèlerins se retrouvent sur le chemin du retour. Le plus ignare et autre novice en politique libanaise savent pertinemment que ceux qui ont le plus bafoué et abusé de l’accord de Taëf, sont particulièrement ceux qui avaient pendant bientôt vingt ans la lourde charge de le préserver, qu’ils soient affiliés actuellement au rassemblement du 8 mars ou bien au groupement du 14 mars. Et que peut faire le rat des champs libanais pour empêcher les loups arabes de se bouffer la gueule ? Il ne peut que prier pour que le conflit cesse ou bien se ranger derrière le vainqueur. « Permettre au Tribunal spécial pour le Liban de révéler la vérité et d’établir la justice ». Là aussi, ceux qui ont empêché les instances juridiques libanaises d’assumer leurs responsabilités et remplir leurs obligations, vont-ils peut-être tenter une fois de plus de gêner le cours de la justice… ?

Les grands débats

Le programme en quatorze points n’a pas manqué de citer pêle-mêle tous les sujets et thèmes relatifs à la coexistence nationale, à l’Etat civil et égalitaire, au dossier des personnes déplacées ou disparues pendant et après la fin la guerre civile, à la participation effective de la femme dans la vie politique et économique, à la limitation (!) de la dégradation de l’environnement, à la décentralisation administrative avec une répartition équitable des aides au développement de tous les secteurs productifs et de toutes les régions, l’établissement d’un programme effectif (!) pour réduire la dette publique afin de profiter (!) des aides fournies par la conférence de Paris 3, au soutien des Libanais de la diaspora désireux d’acquérir la nationalité libanaise en vue de participer aux prochaines élections législatives… et surtout les encourager à investir au Liban ! Cela appelle à la réflexion profonde et lance les grands débats, et  nous conduit tout naturellement au fin fond du problème qu’est la CORRUPTION qui n’a pas été cité une seule fois ni dans le discours du Secrétaire Général ni dans le programme électoral de rassemblement du 14 mars, alors que le discours du Général Michel Aoun à l’Hôtel Habtour était centré sur ce point culminant. (20.3.2009)

703 candidats… libres et démocrates !

Je voudrais croire, en ma qualité de citoyen libanais, que ces sept cents trois candidats aux prochaines élections législatives sont des personnes libres et démocrates, qu’ils ont un bon cœur et une bonne  volonté pour réussir et servir leur pays. 703 candidats pour 128 sièges, c’est-à-dire 5,5 candidats pour chaque banquette. Il semble que c’est un chiffre jamais atteint au Liban et qui va peut-être figurer dans le livre des records, avec en tête la circonscription de Minyé-Danniyé au nord de Tripoli, où quarante candidats postulent pour trois sièges.

Le président de la république

A la grande surprise des libanais le président de la république Michel Souleimane a inauguré le Centre de supervision et de surveillance des élections, entouré de ses paires MM. Nabih Berri président de la Chambre des députés et Fouad Señora président du Conseil des ministres et a saisi l’occasion pour s’adresser en direct aux libanais. Apres avoir salué tous les efforts déployés par le ministre de l’intérieur, il a exhorté tous les libanais à participer au scrutin du 7 juin prochain, en les mettant en garde contre tout excès. Il a vanté les mérites de la société civile, libre et démocrate et la détermination de tous à mener les élections en une journée, déplorant  le renvoi de la proportionnelle à plus tard. Il a appelé les gagnants et les perdants à accepter les résultats du scrutin. Et il n’a pas raté cette occasion pour lancer une mise en garde et inciter les électeurs à refuser, dénoncer et combattre «l’argent électoral».

Le suffrage populaire 

Le suffrage populaire est un des principes fondamentaux de la démocratie où la population d’une ville ou d’un pays est appelée à voter en toute liberté pour désigner ses représentants au conseil municipal, cantonal, régional et national. Le taux de participation ne dépasse pas communément les deux tiers de la population. Et pour être déclaré vainqueur le postulant doit obtenir la confiance de plus de la moitié des votants, ce qui vaut le tiers du nombre des personnes ayant droit au vote. Autrement dit le candidat vainqueur a obtenu la confiance et la sympathie d’un premier tiers, le discrédit d’un deuxième tiers et l’indifférence ou l’absence pour maintes raisons du tiers restant. Ainsi un démocrate authentique une fois élu  doit comprendre qu’il doit être au service de toute la population et non de ceux qui ont voté en sa faveur.

Le phénomène libanais

Présenter sa candidature dans un scrutin populaire est généralement un acte sérieux et responsable dans une société dite développée, ou le candidat est épaulé par un parti politique ou soutenu par un groupe de pression professionnel ou sectoriel. Au Liban la moitié des prétendants  se porte candidats selon un principe: et pourquoi pas moi ? Une autre catégorie de candidats ont senti le besoin de grossir leur image de marque auprès de leurs collègues. D’autres luttent pour ressusciter ou perpétuer la mémoire d’un proche jadis élu moukhtar ou député sous le mandat français ou bien le mandat syrien. Il ya aussi les vétérans de la triste guerre civile qui ne savent pas quoi faire et ou aller depuis vingt ans passés.

Le citoyen-électeur

Mais le plus dur des constats est le suivant: au lendemain de la journée électorale et jusqu’au prochain scrutin, la majorité des libanais vont tenir à l’égard des candidats perdants presque le même respect et compliments réservés souvent aux candidats gagnants. Autrement dit, le perdant est ainsi considéré comme un gagnant probable au prochain scrutin surtout s’il parvient à entretenir son image de marque de bienfaiteur en offrant un générateur électrique par ci ou parrainer un petit club par là, sans oublier de présenter ses sincères condoléances à l’autre bout de la ville. Mieux encore: il faut surtout qu’il continue à entretenir les meilleures relations avec la presse locale et nationale, pour faire passer ses nouvelles et publier  toutes ses photos prises pendant les réceptions données par les ambassadeurs et ambassadrices de tout pays.

L’imbroglio

Enfin je pose la dernière question : qui doit-on plaindre, le citoyen-électeur ou bien le citoyen-candidat ? Personnellement je plains les deux parties, car elles souffrent chacune à sa façon de cet imbroglio qui règne sur la vie publique libanaise et empêche l’avènement d’un quelconque changement salutaire. (10.4.2009)

De fortes raisons pour aller voter

Les libanais sont appelés dimanche prochain à voter pour choisir les 128 députés qui vont constituer leur nouveau parlement. On prévoit un taux de participation de l’ordre de 50% selon toutes sortes d’estimations. Or un tiers de la population libanaise a été contraint de quitter le Liban depuis 1975, fuyant au début la guerre civile et réfutant ensuite le retour à une paix civile précaire qui s’est effondrée face au séisme du 14 février 2005. Ce qui rend les libanais présents le 7 juin prochain, doublement responsables pour combler le vide et voter massivement. Et ils ont de fortes raisons pour aller voter, car :

Voter est un droit que nous devons préserver scrupuleusement.

Voter est un devoir politique dans le sens le plus noble.

Voter est une obligation morale pour tous les citoyens qui prétendent être libres et démocrates.

Voter est un acte qui nourrit ardemment ces sentiments d’égalité et de fraternité entres les citoyens et renforce l’unité nationale.

Voter est une grande occasion pour exprimer discrètement, librement et franchement…son opinion.

Voter est un procédé démocratique par excellence qu’il faut saisir et utiliser convenablement.

Voter est un moment exceptionnel pour choisir le meilleur candidat que vous jugez capable d’assumer son rôle et respecter son mandat.

Voter est une opportunité à ne pas manquer pour changer, rénover et restaurer la vie politique au Liban.

Voter est l’occasion rêvée pour sanctionner tous les profiteurs, pour ne pas dire les usurpateurs, et barrer la route à tous ces mécréants et arrivistes.

Alors… votez pour un Liban uni, fort, et capable de relever tous les défis et faire face aux dangers qui le menacent.

Votez pour tous ceux qui n’ont jamais pu voter, ou bien qui ne peuvent pas actuellement voter, c’est-à-dire les victimes de la guerre civile, les personnes déplacées, les malades et les vieillards.

Votez pour contribuer  au retour des immigrés.

Votez pour l’avenir de vos enfants et vos petits enfants.

Votez pour élire ceux qui tiennent leur promesse et qui ne changent  pas leur opinion tous les jours.

Votez pour élire les candidats qui vont œuvrer collectivement au renforcement de l’armée nationale.

Votez pour ceux qui défendent et préservent précieusement les acquis de la résistance des libanais qui ont libéré en l’an 2000 le sud de l’occupation israélienne.

Votez pour élire tous ceux qui n’ont pas cessé de contribuer à la grandeur du Liban, surtout ceux qui ont consacré leur vie pour défendre son unité, sa légitimité et ses frontières.

Votez pour élire ceux qui œuvrent sérieusement pour une société civile, juste, libre, égalitaire et respectueuse de toutes les croyances et pratiques religieuses.

Votez pour élire ceux qui luttent pour protéger l’environnement et sauver le patrimoine national libanais et promouvoir sa culture dans le monde.

Votez pour élire ceux qui pratiquent le don de soi et barrer la route à ceux qui vident vos poches et consentent à vous donner les miettes de leurs somptueux repas.

Votez pour élire ceux qui vous ont ouvert leur cœur, leurs oreilles et leurs portes pendant des années.

Votez pour ceux qui se sont acharnés à défendre vos intérêts, et barrer la route à ceux qui ne se soucient guère que de leurs propres intérêts.

Enfin ne soyez pas dupes et votez intelligemment, car vous êtes capables de faire le meilleurs choix.   (4/6/2009)

Et que vive la démocratie à la libanaise

« Au Liban il n y a pas de perdant », a déclaré notre brave ministre de l’intérieur Me Ziyad Baroud, en marge de sa dernière conférence de presse mettant un terme aux questions à connotation politique.

Sous le regard du monde entier

Pendant toute la campagne électorale et vu la présence sur le sol libanais d’un grand nombre de délégations étrangères venues des quatre coins du monde pour inspecter le déroulement des événements, sans compter les observateurs familiers, j’ai eu l’impression que je n’étais pas au Liban, mais plutôt à Gazza ou bien dans un pays africain. Je suppose qu’ils ont profité du beau temps, qu’ils ont apprécié la cuisine libanaise riche en protéines, et qu’ils ont en somme découvert l’hospitalité des libanais. Les uns ont quitté précipitamment, après avoir fait le tour des présidents et autres chefs politiques et religieux en déclarant que les élections se sont déroulées dans un climat démocratique et sous un ciel « bleu méditerranéen ». D’autres ont travaillé durement pour pénétrer le mélodrame libanais, et découvrir  une démocratie fondée sur toute sorte de contradictions et de pratiques irrationnelles.

Une participation massive

En effet les Libanais ont répondu mieux que jamais depuis vingt ans, à l’appel de leurs leaders et ont participé massivement à un tour, pour la première fois unique au Liban, avec un taux de coopération record de 70% dans le Kesrouane. Ils ont fait des choix clairs et motivés, même si leurs desseins sont différents et variés. Or entre une majorité qui a fait des choix purement politiques et une minorité qui a monnayé son vote les libanais se trouvent ainsi répartis entre quatre blocs plus ou moins bien définis: le bloc du Futur ayant une dominante confessionnelle musulmane sunnite, le bloc Amal- Hizbollah ayant une dominante confessionnelle musulmane chiite, le bloc du Courant national ayant une dominante confessionnelle chrétienne maronite et le bloc des démocrates du leader Walid Joumblatt ayant une dominante confessionnelle druze. Ce dernier jouera comme d’habitude le rôle d’arbitre. Ainsi le puzzle politique national s’annonce facile à monter pour tous ceux qui veulent gouverner le pays au centre sous la houlette du président de la république Michel Souleimane, bravant la crise qui a trop duré… et   sauvant  notre  démocratie consensuelle.

Les attentes des Libanais

Personnellement je craignais une victoire en termes de sièges des partis de l’opposition face a une majorité parlementaire proclamée depuis 2005 laquelle s’est avérée incapable d’absorber une quelconque défaite ou perte de pouvoir, surtout si on y ajoute toutes les menaces proférées, discrètement par les tenants du pouvoir économique national et ouvertement par les diplomates arabes, européens et américains qui ont nourri constamment la campagne électorale. Maintenant les libanais attendent impatiemment la constitution d’un nouveau gouvernement « d’entente nationale » qui est appelé à dresser dans les meilleurs délais, un véritable budget conforté par un plan de relance économique nationale, après quatre années de chamboulement économique et de confusion politique.

L’implication du président de la république

Il est temps aussi, et c’est une priorité, de redonner au président de la république le droit et les moyens d’exercer un rôle potentiel après vingt ans de déchéance honteuse pour tous les libanais sans exception. En même temps il faut libérer toutes les institutions de la main mise des leaders politiques, notamment l’institution judiciaire et les divers services de renseignements et d’information, militaire et sécuritaire. Or on ne peut pas gouverner correctement un pays sans donner à l’institution judiciaire toute son indépendance et sans octroyer aux services de renseignements la confiance et les moyens indispensables dans l’exercice de leurs fonctions.

Sans doute tous les Libanais attendent d’abord le dénouement d’une crise latente: l’élection d’un nouveau président du parlement. Toutes les données portent à croire que le leader Nabih Berri sera reconduit à ce poste, contrairement à toutes les déclarations défavorables faites ici et là. Allons-nous continuer à nous tourmenter et affûter nos différends internes, alors que le monde bouge autour de nous, profilant à l’horizon des solutions qui nous touchent directement ?  (12.6.2009)

Nouveau gouvernement : des chiffres et des lettres

Mieux vaut un morceau de pain avec la paix qu’une maison pleine de viande avec la discorde. (Livre des Proverbes IVème s. avant J.Ch.) Le courage fait les vainqueurs; la concorde, les invincibles. (C. Delavigne 1822). Quand on veut gouverner les hommes, il ne faut pas les chasser devant soi, il faut les suivre (Montesquieu). Contenter le peuple et ne pas désespérer les grands, voila la maxime de ceux qui savent gouverner (Machiavel). J’offre de bon cœur cette bonne parole à tous qui se démènent actuellement pour aider notre jeune premier ministre Sa’dedine Rafiq Al-Hariri chargé de former le nouveau gouvernent attendu par le monde entier, sachant qu’au Liban les lettres comptent plus que les chiffres.

Quelle ressemblance ?

Ceux qui possèdent encore une bonne mémoire ont dû remarquer la forte ressemblance entre le père Hariri à ses débuts il ya seize ans et aujourd’hui son fils Saad. Notre jeune député de Beyrouth et premier leader de la nouvelle majorité parlementaire, chargé de former et   présider le nouveau conseil des ministres reprend enfin à son compte presque tout le lexique politique de son feu père. Quand à la posture physique, c’est bien le fils bien-aimé du feu Rafiq Al-Hariri. Or il faut avouer franchement que le jeune Saad ne ressemblait pas beaucoup à son père durant ces quatre années passées, sûrement à cause de  toutes les contraintes et contrariétés auxquelles il était soumis.

La concorde rêvée

Une fois de plus la bonne entente syro-saoudienne est là pour affiner les rapports entre les factions rivales, établir une nouvelle donne politique et rassurer presque tout le monde. Jouira-t-il de cette marge de manœuvre qui va lui permettre de bâtir son propre édifice et marquer son temps… sachant que le panorama politique libanais a beaucoup changé ? Or le Gl. Michel Sleimane ne possède aucun point commun avec l’avocat Elias Hraoui, Sleimane Frangiyé a progressé profusément, le Gl. Michel Aoun est aujourd’hui un grand monsieur, un leader national incontesté.

Joumblatt le meneur

Le leader socialo-druze Walid Joumblatt est, une fois de plus, la vedette incontestable de tous les temps. Son discours et ses douze députés s’accordent pour lui redonner le rôle qui lui revient habituellement. La franchise de Walid bey rejoint le franc-parler du député maronite de Zgharta Sleimane bey Frangiyé, pour entraîner toute la classe libanaise dans le girond traditionnel et sauver la face des autres leaders politiques partis à la recherche d’une sortie de secours.

Composer avec les alliés

Il me semble que les alliés du cheikh Saad, n’ont plus de secrets à protéger, puisque le leader du Courant du Futur a eu tout le temps nécessaire pour les sonder durant ces dernières années. D’ailleurs la plupart lui doit sincèrement, avouons-le, leur récente victoire aux dernières  élections législatives. Va-t-il pouvoir calmer leur audace, réduire leurs craintes et amoindrir leurs prétentions ?

La main tendue

Je suis sûr que le président de la république Michel Sleimane et le président du parlement Nabih Berri, sont disposés à adopter  politiquement leur jeune partenaire et à l’aider pour assumer au mieux son rôle de président du conseil des ministres, sans oublier l’appui que comptent lui accorder éventuellement Sayyed Hassan, Walid bey, Michel Aoun et Sleimane bey ? Qui dit mieux !

L’attente des Libanais

Comme il y a seize ans, les Libanais attendent aujourd’hui presque tout de la nomination du jeune président du conseil des ministres Saad Al-Hariri. Tout simplement parce qu’ils pensent que leur Liban a été replacé, pendant ces quatre dernières années, sur la case départ,  quand son feu père a présidé pour la première fois le conseil des ministre, autrement dit quand tout était à refaire… surtout pour ce qui est de la paix civile et sa sœur jumelle l’entente politique nationale. (Albalad du 3/7/2009)

Oui je suis optimiste..!

L’optimisme vient de Dieu, le pessimisme est né dans le cerveau de l’homme (proverbe soufi). Quand vous devenez pessimiste, regardez une rose (Albert Samain, 1859-1900). L’optimiste est aussi celui qui croit que le mariage est moins onéreux que les fiançailles. Etre optimiste c’est continuer à espérer et à persévérer.

La médaille et son revers.

La médaille c’est Saad Rafiq Hariri, le jeune homme bien éduqué, bien instruit, chargé de former un gouvernement d’entente nationale, dans un pays piégé par ses propres leaders politiques qui prétendent lutter pour sa liberté, sa souveraineté et son indépendance, depuis au moins 1920. Va-t-il réussir dans sa mission et marquer son temps, ou bien va-t-il céder aux pressions des faux prétendants et autres quémandeurs qui l’entourent ?

Cheikh Saad est appelé tôt ou tard à trancher avec les pratiques du passé à la fois proche et lointain. Or, aujourd’hui le Liban a effectivement retrouvé sa liberté, il a reconquis sa souveraineté et jouit d’une certaine indépendance, après trente cinq ans de lutte interne. Ce sont des acquis qui demandent à être confortés à un moment où l’Etat d’Israël sort toutes ses griffes et joue ses dernières cartes dans un monde qui bouge et transgresse.

Un gouvernement efficace

Il est temps pour les libanais de tracer leur propre chemin et de bâtir leur propre édifice, après toutes ces décennies de souffrances et de sacrifices. Pour cela je propose la formation d’un gouvernement restreint de dix huit ministres représentant toutes les factions politiques du pays. Ce nouveau gouvernement est appelé à adopter  un plan de redressement économique globale pour une durée minimum de deux ans, comprenant d’une part la réalisation d’un bon nombre de reformes indispensables et d’autre part la renégociation de la dette publique et l’établissement d’un nouveau plan de remboursement projeté sur le long terme.

…Et une Assemblée constituante

Entre temps, c’est-à-dire pendant au moins ces deux années, le parlement est emmené à se transformer en Assemblée Constituante pour réviser sereinement et objectivement, un par un, tous les actes et les points qui ont constitué des sujets de discorde et de mésentente entre les libanais depuis 1926 et jusqu’aux accords de Taef, en passant par le fameux Pacte national de 1943, et supprimer de tous les éléments qui suscitent la suspicion ou l’incertitude.

Le rôle des medias

Pour pouvoir mener à terme ce formidable projet les medias national, régional et international, sont appelés à soutenir ouvertement et inlassablement, le gouvernement et le parlement dans leurs missions respectives. Autrement dit, ils doivent se métamorphoser, sortir des sentiers battus et partir à la recherche d’une objectivité tant bafouée durant toutes ces dernières décennies. Les gens de la presse, en particulier ceux de l’audio-visuel, doivent retrouver leur véritable mission qui consiste à innover, en défendant les objectifs du nouveau consensus national tant attendu et souhaité par les libanais de tout bord. C’est peut être l’occasion à ne pas manquer pour changer de langue et de langage, remettre en cause tous les préjugés lancés à tort et à travers, et œuvrer pour une réconciliation à la fois, populaire et nationale que les libanais désirent du fond de leur âme. Nourrir les hommes sans les aimer, c’est les traiter comme du bétail vil; les aimer sans les respecter, c’est les considérer comme des animaux favoris (Mencius IVème s. av. J.-C.)  (10.7.2009)